Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Sauveur du monde

CFC — CNPL

Sauveur du monde, ô Maître unique,
Heureux celui qui donne tout,
Se perd lui-même et prend ton joug,
Puis cherche en toi la route à suivre.

Au fond du coeur tu lui révèles
L'âpre secret du grain qui meurt,
Le sang versé, l'amour vainqueur,
Et cette croix qui nous relève.

Il porte fruit dans ta lumière
Et crie ton nom sur nos chemins,
Puis, quand vient l'heure, dans tes mains
Passe avec toi du monde au Père.

Antienne

Au vainqueur, fidèle à mon service jusqu'au bout, je donnerai pouvoir sur les nations, alléluia.

Psaume : 2

1 Pourquoi ce tumulte des nations,
ce vain murmure des peuples ?
2 Les rois de la terre se dressent,
les grands se liguent entre eux
   contre le Seigneur et son messie :
3 « Faisons sauter nos chaînes,
rejetons ces entraves ! »

4 Celui qui règne dans les cieux s'en amuse,
le Seigneur les tourne en dérision ;
5 puis il leur parle avec fureur
et sa colère les épouvante :
6 « Moi, j'ai sacré mon roi
sur Sion, ma sainte montagne. »

7 Je proclame le décret du Seigneur !

Il m'a dit : « Tu es mon fils ;
moi, aujourd'hui, je t'ai engendré.
8 Demande, et je te donne en héritage les nations,
pour domaine la terre tout entière.
9 Tu les détruiras de ton sceptre de fer,
tu les briseras comme un vase de potier. »

10 Maintenant, rois, comprenez,
reprenez-vous, juges de la terre.
11 Servez le Seigneur avec crainte,
rendez-lui votre hommage en tremblant.
12 Qu'il s'irrite et vous êtes perdus :
soudain sa colère éclatera.

Heureux qui trouve en lui son refuge !

Antienne

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? C'est Dieu qui justifie, qui pourra condamner ?

Psaume : 10

1 Auprès du Seigneur j'ai mon refuge.+
Comment pouvez-vous me dire :
oiseaux, fuyez à la montagne !

2 Voici que les méchants tendent l'arc : +
ils ajustent leur flèche à la corde
pour viser dans l'ombre l'homme au cœur droit.

3 Quand sont ruinées les fondations,
que peut faire le juste ?

4 Mais le Seigneur, dans son temple saint, +
le Seigneur, dans les cieux où il trône,
garde les yeux ouverts sur le monde.

Il voit, il scrute les hommes ; +
5 le Seigneur a scruté le juste et le méchant :
l'ami de la violence, il le hait.

6 Il fera pleuvoir ses fléaux sur les méchants, +
feu et soufre et vent de tempête ;
c'est la coupe qu'ils auront en partage.

7 Vraiment, le Seigneur est juste ; +
il aime toute justice :
les hommes droits le verront face à face.

Antienne

Après ses épreuves, le serviteur verra la lumière, il sera comblé.

Psaume : 16

1 Seigneur, écoute la justice ! +
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.

2 De ta face, me viendra la sentence :
tes yeux verront où est le droit.

3 Tu sondes mon coeur, tu me visites la nuit, +
tu m'éprouves, sans rien trouver ;
mes pensées n'ont pas franchi mes lèvres.

4 Pour me conduire selon ta parole,
j'ai gardé le chemin prescrit ;
5 j'ai tenu mes pas sur tes traces :
jamais mon pied n'a trébuché.

6 Je t'appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.

7 Montre les merveilles de ta grâce, *
toi qui libères de l'agresseur
ceux qui se réfugient sous ta droite.

8 Garde-moi comme la prunelle de l'œil ;
à l'ombre de tes ailes, cache-moi,
9 loin des méchants qui m'ont ruiné,
des ennemis mortels qui m'entourent.

10 Ils s'enferment dans leur suffisance ;
l'arrogance à la bouche, ils parlent.

11 Ils sont sur mes pas : maintenant ils me cernent,
l'œil sur moi, pour me jeter à terre,
12 comme des lions prêts au carnage,
de jeunes fauves tapis en embuscade.

13 Lève-toi, Seigneur, affronte-les, renverse-les ;
par ton épée, libère-moi des méchants.

14 Que ta main, Seigneur, les exclue d'entre les hommes, *
hors de l'humanité, hors de ce monde :
tel soit le sort de leur vie !

Réserve-leur de quoi les rassasier : +
que leurs fils en soient saturés,
qu'il en reste encore pour leurs enfants !

15 Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

Verset

V/ Je suis saisi par la détresse et l'angoisse ;
dans tes volontés, j'ai tout mon plaisir.

Lecture : La puissance de Dieu manifesté dans la détresse (2Co 4, 7-19 ; 5, 1-8)

Frères : 4.07 Ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous.
4.08 En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ;
4.09 nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis.
4.10 Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps.
4.11 En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort.
4.12 Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.
4.13 L’Écriture dit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons.
4.14 Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous.
4.15 Et tout cela, c’est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l’action de grâce pour la gloire de Dieu.
4.16 C’est pourquoi nous ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.
4.17 Car notre détresse du moment présent est légère par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu’elle produit pour nous.
4.18 Et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.
5.01 Nous le savons, en effet, même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n’est pas l’œuvre des hommes.
5.02 En effet, actuellement nous gémissons dans l’ardent désir de revêtir notre demeure céleste par-dessus l’autre,
5.03 si toutefois le Seigneur ne doit pas nous trouver dévêtus mais vêtus de notre corps.
5.04 En effet, nous qui sommes dans cette tente, notre corps, nous sommes accablés et nous gémissons, car nous ne voudrions pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement par-dessus l’autre, pour que notre être mortel soit absorbé par la vie.
5.05 Celui qui nous a formés pour cela même, c’est Dieu, lui qui nous a donné l’Esprit comme première avance sur ses dons.
5.06 Ainsi, nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ;
5.07 en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision.
5.08 Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur.

Répons

Il est grand celui qui donne la vie,                          Stance
plus grand celui qui pardonne ;
il est bon celui qui aime ses amis,
meilleur celui qui donne sa vie
pour l'homme qui le blesse.
Dieu blessé,
Jésus, tu nous pardonnes.

R/ Il n'est pas de plus grand amour
que de donner sa vie
pour ceux qu'on aime.

ACTES PROCONSULAIRES
SUR LE MARTYRE DE SAINT CYPRIEN

Le 14 septembre au matin, une grande foule se rassembla au Champ de Sextus, sur l’ordre du proconsul Galère Maxime. Ce proconsul ordonna que Cyprien lui soit présenté le jour même quand il siégerait au Portique des exécutions. Lorsque l’évêque Cyprien fut amené, le proconsul lui demanda : « C’est toi qui es Thascius Cyprien ? — C’est moi. »

Le proconsul : « C’est toi qui prétends être le chef d’hommes aux doctrines sacrilèges ? — C’est moi. — Les très saints empereurs ont ordonné que tu sacrifies aux dieux. — Je ne le ferai pas. »

Galère Maxime lui dit : « Réfléchis. » Cyprien répond : « Fais ce qu’on t’a commandé. Dans une affaire aussi juste, il n’y a pas à réfléchir. »

Le proconsul, après avoir délibéré avec son conseil, se décida enfin à prononcer sa sentence. Il parla ainsi : « Tu as longtemps vécu dans une doctrine sacrilège et tu as rassemblé beaucoup de gens autour de toi pour un complot criminel ; tu t’es dressé en ennemi des dieux de Rome et de leurs rites sacrés ; nos religieux et saints souverains Valérien et Gallien, nos Augustes, et Valérien, notre très noble César, n’ont pu te ramener à la pratique de leur culte. Et c’est pourquoi, parce que tu as été convaincu d’être l’auteur et le propagateur de crimes infâmes, tu serviras de leçon à ceux que tu as associés à ton forfait ; l’ordre public sera consacré par ton sang. » Après ce discours, il lut sa décision sur une tablette : « Nous ordonnons que Thascius Cyprien soit châtié par le glaive. » Cyprien dit : « Je rends grâce à Dieu. »

Après cette sentence, la foule des frères disait : « Nous aussi, qu’on nous décapite avec lui. » Aussi les frères s’ameutèrent et une grande foule le suivit. C’est ainsi que Cyprien fut amené au Champ de Sextus ; il enleva son burnous, s’agenouilla et se prosterna pour prier le Seigneur. Après avoir enlevé sa dalmatique épiscopale, qu’il remit à ses diacres, il demeura en tunique de lin et attendit l’exécuteur.

Lorsque celui-ci arriva, Cyprien ordonna à ses assistants de lui donner vingt-cinq pièces d’or. Les frères étendaient devant lui des linges et des mouchoirs. Puis le bienheureux Cyprien se banda les yeux de sa propre main. Comme il ne pouvait pas s’attacher les mains, Julien le prêtre et Julien le sous-diacre les lui attachèrent.

C’est ainsi que le bienheureux Cyprien subit le martyre. Pour éviter la curiosité des païens, on déposa le corps non loin de là. Puis, pendant la nuit, on le transporta avec des cierges et des torches au cimetière du procurateur Macrobe Canditien, sur la route de Mappala, près des citernes. Ce transfert se fit dans la joie d’un véritable triomphe. Peu de jours après, le proconsul Galère Maxime mourut.

Le bienheureux Cyprien souffrit le martyre le 14 septembre sous les empereurs Valérien et Gallien, mais sous le règne de notre Seigneur Jésus Christ, à qui appartiennent honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Répons

R/ Tous ceux qui veulent plaire à Dieu
connaîtront la souffrance.

Nous nous affirmons en tout
comme des ministres de Dieu,
constants dans les tribulations,
les détresses, les angoisses.

On nous tient pour affligés,
et nous sommes toujours joyeux,
pour gens qui n'ont rien,
et nous possédons tout.

Reste fidèle jusqu'à la mort, dit le Seigneur,
et je te donnerai la couronne de vie.

Te Deum

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Que la prière de saint Cyprien nous recommande auprès de toi, Seigneur, puisqu’il a brillé dans notre Église par la force de son sacerdoce et la gloire de son martyre.