Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Bois tout en feu, buisson ardent

D. Rimaud — CNPL

Bois tout en feu, buisson ardent
où rien n’est cendres,
Croix où le Fils se laisse pendre
quand vient le temps,
Dieu parle en toi, et tu portes le prix
de la rançon ;
De son Amour tu nous donnes la mesure,
montrant le corps et la blessure
où il nous dit
quel est son nom !

R/ Quand il viendra juger le monde,
que le Seigneur nous soit pitié !
Bois où l’Enfer est englouti
dans sa victoire,
Croix qui redresses plein de gloire
le Fils maudit,
Arbre de vie qui détruis le poison
du fruit mauvais ;
Ton Sang divin fait mûrir sur le calvaire
le Fruit voulu par notre Père,
que nous cueillons
pour notre Paix.

Bois où chacun peut regarder
dans sa détresse
Le Fils que Dieu, plein de tendresse,
nous a livré ;
Pour le pardon tu attires vers toi
tout l’univers ;
De tout péché tu guéris et tu délivres,
Rameau vivant qui fais revivre
celui qui voit
le cœur ouvert.

Bois merveilleux orné du sang
qui nous protège,
Croix où l’Agneau a pris au piège
le lion méchant,
Tu t’es levé comme un signe de paix
pour les pécheurs ;
Au sein des eaux tu détruis notre esclavage
En nous ouvrant le seul passage
vers les secrets
du Dieu Sauveur.

Bois où se meurt le Premier-né
dans les épines,
Croix où le prêtre est fait victime
pour nos péchés,
Tu es la pierre où repose le front
du Bien-Aimé :
Sur ton autel s’accomplit le sacerdoce
Quand retentit le chant des noces
où les nations
lui sont données.

Bois où la Femme est rachetée
des fautes d’Ève,
Croix où Marie se livre au glaive,
le cœur broyé,
Tes bras voleurs lui arrachent l’enfant
né de son corps ;
Et, Vierge Mère, elle enfante à la vraie vie
Les fils que Dieu, dans sa folie,
sauve en souffrant
jusqu’à la mort.

Antienne

Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse.

Psaume : 68 - I

2 Sauve-moi, mon Dieu :
les eaux montent jusqu’à ma gorge !

3 J’enfonce dans la vase du gouffre,
rien qui me retienne ; *
je descends dans l’abîme des eaux,
le flot m’engloutit.

4 Je m’épuise à crier,
ma gorge brûle.*
Mes yeux se sont usés
d’attendre mon Dieu.

5 Plus abondants que les cheveux de ma tête,
ceux qui m’en veulent sans raison ; *
ils sont nombreux, mes détracteurs,
à me haïr injustement.

Moi qui n’ai rien volé,
que devrai-je rendre ? *
6 Dieu, tu connais ma folie,
mes fautes sont à nu devant toi.

7 Qu’ils n’aient pas honte pour moi, ceux qui t’espèrent,
Seigneur, Dieu de l’univers ;*
qu’ils ne rougissent pas de moi, ceux qui te cherchent,
Dieu d’Israël !

8 C’est pour toi que j’endure l’insulte,
que la honte me couvre le visage :
9 je suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère.
10 L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

11 Si je pleure et m’impose un jeûne,
je reçois des insultes ;
12 si je revêts un habit de pénitence,
je deviens la fable des gens :
13 on parle de moi sur les places,
les buveurs de vin me chansonnent.

Psaume : 68 - II

14 Et moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ; *
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.

15 Tire-moi de la boue,
sinon je m’enfonce : *
que j’échappe à ceux qui me haïssent,
à l’abîme des eaux.

16 Que les flots ne me submergent pas,
que le gouffre ne m’avale, *
que la gueule du puits
ne se ferme pas sur moi.

17 Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ; *
dans ta grande tendresse,
regarde-moi.

18 Ne cache pas ton visage à ton serviteur ;
je suffoque : vite, réponds-moi. *
19 Sois proche de moi, rachète-moi,
paie ma rançon à l’ennemi.

20 Toi, tu le sais, on m’insulte :
je suis bafoué, déshonoré ; *
tous mes oppresseurs
sont là, devant toi.

21 L’insulte m’a broyé le cœur,
le mal est incurable ; *
j’espérais un secours, mais en vain,
des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.

22 À mon pain, ils ont mêlé du poison ;
quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre.

[23-29]

Psaume : 68 - III

30 Et moi, humilié, meurtri,
que ton salut, Dieu, me redresse.
31 Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.
32 Cela plaît au Seigneur plus qu’un taureau,
plus qu’une bête ayant cornes et sabots.

33 Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
34 Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
35 Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !

36 Car Dieu viendra sauver Sion
et rebâtir les villes de Juda.
Il en fera une habitation, un héritage : *
37 patrimoine pour les descendants de ses serviteurs,
demeure pour ceux qui aiment son nom.

Verset

V/ Quand j'aurai été élevé de terre,
j'attirerai à moi tous les hommes.

Lecture : Jésus Christ, grand prêtre (He 4, 14-16; 5, 1-10)

4.14 En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
4.15 En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
4.16 Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.
5.01 Tout grand prêtre, en effet, est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés.
5.02 Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ;
5.03 et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple.
5.04 On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron.
5.05 Il en est bien ainsi pour le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré,
5.06 car il lui dit aussi dans un autre psaume : Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.
5.07 Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.
5.08 Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance
5.09 et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel,
5.10 car Dieu l’a proclamé grand prêtre de l’ordre de Melkisédek.

Répons

R/ Avançons-nous avec pleine assurance
vers le trône de la grâce !

Notre grand prêtre a été éprouvé en tous points,
à notre ressemblance, mais sans péché.

Christ a prié avec grand cri et larmes
et il fut exaucé en raison de sa soumission.

Tout Fils qu'il était,
Jésus apprit par ses souffrances l'obéissance.

Ainsi le Fils de Dieu est devenu pour ses fidèles
cause de salut éternel.

 

HOMÉLIE DE MÉLITON DE SARDES SUR LA PÂQUE

L'Agneau sans défaut et sans tache

Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

C'est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l'homme qui souffre ; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme ; il a pris sur lui les souffrances de l'homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair ; par l'esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide.

Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l'idolâtrie du monde comme de la terre d'Égypte ; il nous a libérés de l'esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.

C'est lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C'est lui qui a frappé le péché et a condamné l'injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l'Égypte.

C'est lui qui nous a fait passer de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C'est lui qui est la Pâque de notre salut.

C'est lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient : en Abel il a été tué ; en Isaac il a été lié sur le bois ; en Jacob il a été exilé ; en Joseph il a été vendu; en Moïse il a été exposé à la mort ; dans l'agneau il a été égorgé ; en David il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes il a été méprisé.

C'est lui qui s'est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d'entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.

C'est lui, l'agneau muet ; c'est lui, l'agneau égorgé ; c'est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c'est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n'ont pas été brisés ; dans la terre, il n'a pas connu la corruption ; il est ressuscité d'entre les morts et il a ressuscité humanité gisant au fond du tombeau.

Répons

R/ Voici l'Agneau de Dieu
qui enlève le péché du monde.

Jésus a enduré la croix
et renoncé à la joie qui lui revenait.

Il s'est abaissé jusqu'à la mort,
et la mort de la croix.

 

Oraison

Dieu qu'il est juste d'aimer par-dessus tout, multiplie en nous les dons de ta grâce ; dans la mort de ton Fils, tu nous fais espérer ce que nous croyons, accorde-nous, par sa résurrection, d'atteindre ce que nous espérons.