Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Victoire de Lumière,

J.F Frié — CNPL

R/ Victoire de Lumière,
Terreur des ténèbres sur la terre,
Michel,
au moindre appel
ton cri traverse les sept cieux :
« Qui est comme Dieu ? »

Où la force ne peut suffire,
où le danger touche au pire,
tu fais lever en profondeur
la Puissance du Seigneur !

Feu vertical, ton glaive tranche
C'est au plus sec de la branche
comme à la racine du cœur
la Présence du Seigneur !

Ange de justice, rappelle
que la mort n'est pas mortelle
si l'homme attend, de son Sauveur,
la Sentence du Seigneur

Antienne

Tandis que Michel combattait le dragon, tous acclamaient : Salut à notre Dieu ! Alléluia !

Psaume : 96

1Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !

2Ténèbre et nuée l'entourent,
justice et droit sont l'appui de son trône.
3Devant lui s'avance un feu
qui consume alentour ses ennemis.

4Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s'affola ;
5les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.

6Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.
7Honte aux serviteurs d'idoles qui se vantent de vanités !
A genoux devant lui, tous les dieux !

8Pour Sion qui entend, grande joie ! *
Les villes de Juda exultent
devant tes jugements, Seigneur !

9Tu es, Seigneur, le Très-Haut
sur toute la terre : *
tu domines de haut tous les dieux.

10Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur, +
car il garde la vie de ses fidèles *
et les arrache aux mains des impies.

11Une lumière est semée pour le juste,
et pour le coeur simple, une joie.
12Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ;
rendez grâce en rappelant son nom très saint.

Antienne

L'ange Gabriel apparut à Zacharie et lui dit : Élisabeth, ta femme, enfantera un fils, tu lui donneras le nom de Jean.

Psaume : 102 - I

1Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
2Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

3Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
4il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse ;
5il comble de biens tes vieux jours :
tu renouvelles, comme l'aigle, ta jeunesse.

6Le Seigneur fait oeuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
7Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d'Israël ses hauts faits.

8Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
9il n'est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
10il n'agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

11Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
12aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés ;
13comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

Antienne

Je suis l'ange Raphaël, je me tiens devant le Seigneur. Bénissez Dieu, proclamez ses merveilles.

Psaume : 102 - II

14Il sait de quoi nous sommes pétris,
il se souvient que nous sommes poussière.
15L'homme ! ses jours sont comme l'herbe ;
comme la fleur des champs, il fleurit :
16dès que souffle le vent, il n'est plus,
même la place où il était l'ignore.

17Mais l'amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent,
est de toujours à toujours, *
et sa justice pour les enfants de leurs enfants,
18pour ceux qui gardent son alliance
et se souviennent d'accomplir ses volontés.
19Le Seigneur a son trône dans les cieux :
sa royauté s'étend sur l'univers.

20Messagers du Seigneur, bénissez-le,
invincibles porteurs de ses ordres, *
attentifs au son de sa parole !
21Bénissez-le, armées du Seigneur,
serviteurs qui exécutez ses désirs !
22Toutes les oeuvres du Seigneur, bénissez-le,
sur toute l'étendue de son empire !

Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Verset

V/ Messagers du Seigneur, bénissez le Seigneur,
attentifs au son de sa parole.

Lecture : Lutte de Michel et du dragon (Ap 12, 1-17)

01 Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.
02 Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement.
03 Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème.
04 Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance.
05 Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône,
06 et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place, pour qu’elle y soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours.
07 Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges,
08 mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel.
09 Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu’on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier. Il fut jeté sur la terre, et ses anges furent jetés avec lui.
10 Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! Car il est rejeté, l’accusateur de nos frères, lui qui les accusait, jour et nuit, devant notre Dieu.
11 Eux-mêmes l’ont vaincu par le sang de l’Agneau, par la parole dont ils furent les témoins ; détachés de leur propre vie, ils sont allés jusqu’à mourir.
12 Cieux, soyez donc dans la joie, et vous qui avez aux cieux votre demeure ! Malheur à la terre et à la mer : le diable est descendu vers vous, plein d’une grande fureur ; il sait qu’il lui reste peu de temps. »
13 Et quand le Dragon vit qu’il était jeté sur la terre, il se mit à poursuivre la Femme qui avait mis au monde l’enfant mâle.
14 Alors furent données à la Femme les deux ailes du grand aigle pour qu’elle s’envole au désert, à la place où elle doit être nourrie pour un temps, deux temps et la moitié d’un temps, loin de la présence du Serpent.
15 Puis, de sa gueule, le Serpent projeta derrière la Femme de l’eau comme un fleuve, pour qu’elle soit emportée par ce fleuve.
16 Mais la terre vint au secours de la Femme : la terre ouvrit la bouche et engloutit le fleuve projeté par la gueule du Dragon.
17 Alors le Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus.

Répons

R/ Voici le temps du salut,
de la puissance et du règne de Dieu !

Le dragon a poursuivi la femme
mais Michel et ses anges
combattirent le dragon.

L’ange Gabriel a été envoyé par Dieu
à une jeune fille nommée Marie ;
il lui annonça : tu enfanteras un Fils.

Raphaël dit au jeune Tobie :
Bientôt les yeux de ton père s’ouvriront,
il se réjouira de voir la lumière.

 

HOMÉLIE DE S. GRÉGOIRE LE GRAND

Les noms des anges

Il faut savoir que le nom d’anges désigne leur fonction, et non leur nature. Car ces esprits bienheureux de la patrie céleste sont bien toujours des esprits, mais on ne peut les appeler toujours des « anges », parce qu’ils ne sont des anges que lorsqu’ils portent un message. On appelle « anges » ceux qui portent les messages moins importants, et « archanges » ceux qui annoncent les plus grands événements.

C’est pourquoi l’archange Gabriel fut envoyé à la Vierge Marie, et non pas un ange quelconque : pour ce ministère, il s’imposait d’envoyer un ange du plus haut rang annoncer le plus haut de tous les événements.

En outre, certains d’entre eux sont désignés par un nom propre, afin de signifier par les mots la nature de leur action. En effet, ce n’est pas dans la sainte cité, où la vision de Dieu tout-puissant confère une connaissance parfaite, qu’ils reçoivent leurs noms particuliers, comme si, sans l’aide de ces noms, on n’avait pas pu connaître leurs personnes. C’est lorsqu’ils viennent vers nous pour exercer un ministère qu’ils reçoivent chez nous des noms tirés de leur fonction. C’est ainsi que Michel veut dire « Qui est comme Dieu ? », Gabriel : « Force de Dieu ». Raphaël : « Dieu guérit ».

Chaque fois qu’il est besoin d’un déploiement de force extraordinaire, c’est Michel qui est envoyé : son action et son nom font comprendre que nul ne peut faire ce qu’il appartient à Dieu seul de faire. L’antique ennemi, qui a désiré par orgueil être semblable à Dieu, disait : J’escaladerai les cieux, par-dessus les étoiles du ciel j’érigerai mon trône, je ressemblerai au Très-Haut. Or, l’Apocalypse nous dit qu’à la fin du monde, lorsqu’il sera laissé à sa propre force, avant d’être éliminé par le supplice final, il devra combattre contre l’archange Michel : Il y eut un combat contre l’archange Michel.

À la Vierge Marie, c’est Gabriel qui est envoyé, dont le nom signifie « Force de Dieu » : ne venait-il pas annoncer celui qui voulut se manifester dans une humble condition pour triompher des puissances démoniaques ? C’est donc par la « force de Dieu » qu’il devait être annoncé, celui qui venait comme le Dieu des armées, le vaillant des combats.

Raphaël, comme nous l’avons dit, se traduit : « Dieu guérit ». En effet, il délivra des ténèbres les yeux de Tobie lorsqu’il les toucha comme pour remplir l’office de soignant. Celui qui fut envoyé pour soigner est bien digne d’être appelé « Dieu guérit ».

Répons

R/ Que monte notre prière
comme l’encens devant ta face, alléluia !

L’ange tenait une coupe
pleine de parfum :
la prière des saints.

De la main de l’ange,
la fumée des parfums montait devant Dieu,
avec la prière des saints.

 

Te Deum

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Dans ta sagesse admirable, Seigneur, tu assignes leurs fonctions aux anges et aux hommes ; fais que nous soyons protégés sur cette terre par ceux qui dans le ciel servent toujours devant ta face.