Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Lumière enfouie sous le boisseau

D. Rimaud — SM

Lumière enfouie sous le boisseau,
Le prince de l'ombre m'épuise !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau de feu, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous conduire au jour,
Mon Jour qui lève aux cieux nouveaux,
Par le jardin où j'agonise.

Parole atteinte par les eaux,
L'angoisse me force au silence !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau vainqueur, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous parler de paix,
Ma Paix qui règne aux cieux nouveaux,
Puisque la croix me fait violence.

Victime offerte à mes bourreaux,
Mon corps n'est plus rien que blessure !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau de Dieu, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous combler de joie,
Ma Joie qui s'ouvre aux cieux nouveaux,
Puisqu'au calvaire on me torture.

Semence enfouie dans le tombeau,
La mort m'a couché sous la pierre !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau vivant, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous donner la vie,
Ma Vie qui fait les cieux nouveaux,
Dans la cité de notre Père.

Antienne

Envoie, Seigneur, ton Esprit, et renouvelle la face de la terre, alléluia.

Psaume : 103 - I

1 Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
2 tu as pour manteau la lumière !

Comme une tenture, tu déploies les cieux,
3 tu élèves dans leurs eaux tes demeures ;
des nuées, tu te fais un char,
tu t'avances sur les ailes du vent ;
4 tu prends les vents pour messagers,
pour serviteurs, les flammes des éclairs.

5 Tu as donné son assise à la terre :
qu'elle reste inébranlable au cours des temps.
6 Tu l'as vêtue de l'abîme des mers :
les eaux couvraient même les montagnes ;
7 à ta menace, elles prennent la fuite,
effrayées par le tonnerre de ta voix.

8 Elles passent les montagnes, se ruent dans les vallées
vers le lieu que tu leur as préparé.
9 Tu leur imposes la limite à ne pas franchir :
qu'elles ne reviennent jamais couvrir la terre.

10 Dans les ravins tu fais jaillir des sources
et l'eau chemine aux creux des montagnes ;
11 elle abreuve les bêtes des champs :
l'âne sauvage y calme sa soif ;
12 les oiseaux séjournent près d'elle :
dans le feuillage on entend leurs cris.
 

Psaume : 103 - II

13 De tes demeures tu abreuves les montagnes,
et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres ;
14 tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,
et les champs pour l'homme qui travaille.

De la terre il tire son pain :
15 le vin qui réjouit le cœur de l'homme,
l'huile qui adoucit son visage,
et le pain qui fortifie le cœur de l'homme.

16 Les arbres du Seigneur se rassasient,
les cèdres qu'il a plantés au Liban ;
17 c'est là que vient nicher le passereau,
et la cigogne a sa maison dans les cyprès ;
18 aux chamois, les hautes montagnes,
aux marmottes, l'abri des rochers.

19 Tu fis la lune qui marque les temps
et le soleil qui connaît l'heure de son coucher.
20 Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient :
les animaux dans la forêt s'éveillent ;
21 le lionceau rugit vers sa proie,
il réclame à Dieu sa nourriture.

22 Quand paraît le soleil, ils se retirent :
chacun gagne son repaire.
23 L'homme sort pour son ouvrage,
pour son travail, jusqu'au soir.
 

Psaume : 103 - III

24 Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! +
Tout cela, ta sagesse l'a fait ; *
la terre s'emplit de tes biens.

25 Voici l'immensité de la mer,
son grouillement innombrable d'animaux grands et petits,
26 ses bateaux qui voyagent,
et Léviathan que tu fis pour qu'il serve à tes jeux.

27 Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
28 Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

29 Tu caches ton visage : ils s'épouvantent ;
tu reprends leur souffle, ils expirent
   et retournent à leur poussière.
30 Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

31 Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
32 Il regarde la terre : elle tremble ;
il touche les montagnes : elles brûlent.

33 Je veux chanter au Seigneur tant que je vis ;
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
34 Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.
35 Que les pécheurs disparaissent de la terre !
Que les impies n'existent plus !

Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Verset

V/ Ma chair a refleuri, alléluia,
de tour cœur, je rends grâce, alléluia.

Lecture : Parole et lumière (1Jn 1, 1-10)

01 CE QUI ETAIT depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons.
02 Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous.
03 Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or nous sommes, nous aussi, en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ.
04 Et nous écrivons cela, afin que notre joie soit parfaite.
05 Tel est le message que nous avons entendu de Jésus Christ et que nous vous annonçons : Dieu est lumière ; en lui, il n’y a pas de ténèbres.
06 Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs, nous ne faisons pas la vérité.
07 Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché.
08 Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous.
09 Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice.
10 Si nous disons que nous sommes sans péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous.

Répons



R/ Jésus, Parole éternelle de Dieu !

Nous avons entendu le Verbe de vie,
nous l'avons vu de nos yeux,
touché de nos mains.

Nous vous annonçons la vie éternelle
qui était auprès du Père
et qui s'est manifestée.

COMMENTAIRE DE SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE
SUR LA SECONDE LETTRE AUX CORINTHIENS

« Si quelqu'un est dans le Christ,
il est une créature nouvelle »


Ceux qui possèdent les premiers dons du Saint-Esprit et l'espérance de la résurrection considèrent qu'ils possèdent déjà ce qu'ils attendent, et ils disent : Désormais nous ne connaissons plus personne selon la chair. Nous sommes tous des spirituels, étrangers à la corruption de la chair. En effet, illuminés par le Fils unique, nous sommes transformés en ce Verbe qui donne la vie à tous les êtres. Si nous étions captifs des liens de la mort quand le péché régnait sur nous, maintenant que nous sommes introduits dans la justice du Christ, nous avons rejeté la corruption.

Ainsi, personne n'est plus dans la chair, c'est-à-dire dans sa condition de faiblesse, car c'est ainsi qu'on doit comprendre la corruption, parmi bien d'autres attributs de la chair, et saint Paul ajoute : Car, si nous avons connu le Christ de cette manière charnelle, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. C'est comme s'il voulait dire : Le Verbe s'est fait chair, il a établi sa demeure parmi nous ; pour notre vie à tous, il a subi la mort selon la chair, et c'est ainsi que nous l'avons connu, mais maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Même s'il est encore dans la chair, puisqu'il est redevenu vivant le troisième jour et qu'il se trouve dans le ciel auprès du Père, on comprend qu'il est au-dessus de la chair : mort une fois pour toutes, il ne mourra plus, sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir. Car il est mort, et c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes. Lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant.

Donc, si telle est la situation du chef qui nous conduit à la vie, il faut absolument que nous suivions ses traces et qu'on nous voie vivre non pas tellement dans la chair qu'au-dessus de la chair. Saint Paul a eu tout à fait raison de dire : Si quelqu'un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un nouveau monde est déjà né. ~ En effet, nous avons été rendus justes par la foi au Christ, et la malédiction n'a plus aucune force. Il est redevenu vivant pour nous, après avoir terrassé le pouvoir de la mort. Nous avons reconnu qu'il est Dieu par nature et véritablement. Nous adorons le Père en esprit et vérité par la médiation du Fils qui fait venir sur le monde, de la part du Père, les bénédictions célestes.

C'est pourquoi saint Paul dit ensuite avec beaucoup de profondeur : Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ. Et il est bien vrai que le mystère de l'Incarnation, comme la rénovation qui s'ensuit, n'échappent pas à la volonté du Père. ~ C'est par le Christ que nous avons obtenu accès auprès du Père puisque, comme il l'a dit, personne ne va au Père sans passer par lui. Donc, tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.

Répons



Créatures nouvelles dans le Christ.             Stance
goûtez son pardon et sa paix :
Plus heureux que l'apôtre Thomas
qui toucha les plaies de Jésus,
sans le voir, vous le croyez vivant
lorsque vous confessez dans l'Esprit-Saint :

R/ Tu es mon Seigneur et mon Dieu !
Alléluia ! Alléluia !

C'est moi le Seigneur ton Dieu,
qui t'ai fait monter de la terre d'Egypte.

Je t'ai nourri de la farine du froment
et rassasié avec le miel du rocher.

Te Deum

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Dieu tout puissant, accorde-nous, en ces jours de fête, de célébrer avec ferveur le Christ ressuscité : que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire reste présent dans notre vie et la transforme.