Office des lectures

Revenir aux lectures du calendrier romain.

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Bienheureux le pauvre

D. Rimaud — Le Seuil

Bienheureux le pauvre au seuil des festins
les palais de Dieu lui sont fraternels !
Bienheureux le monde où l'argent n'est rien :
Les trésors de Dieu seront éternels !

Bienheureux les yeux qui cherchent le jour :
La splendeur de Dieu demain brillera !
Bienheureux le cœur assoiffé d'amour :
L'océan de Dieu pour lui jaillira !

Bienheureux les cris venant des prisons :
La Cité de Dieu résonne de joie !
Bienheureux le sang des martyrs sans nom :
Le jardin de Dieu fleurit de leur foi !

Bienheureux les bras ouverts au pardon :
La bonté de Dieu reçoit leur espoir !
Bienheureux l'enfant dans son abandon :
Car la main de Dieu ne peut décevoir !

Bienheureux le nom du juste opprimé :
La pitié de Dieu sera sans défaut !
Bienheureux le corps qui n'a pas compté :
Car l'amour de Dieu veille à son repos !

Antienne

Au vainqueur, fidèle à mon service jusqu'au bout, je donnerai pouvoir sur les nations.

Psaume : 2

1 Pourquoi ce tumulte des nations,
ce vain murmure des peuples ?
2 Les rois de la terre se dressent,
les grands se liguent entre eux
   contre le Seigneur et son messie :
3 « Faisons sauter nos chaînes,
rejetons ces entraves ! »

4 Celui qui règne dans les cieux s'en amuse,
le Seigneur les tourne en dérision ;
5 puis il leur parle avec fureur
et sa colère les épouvante :
6 « Moi, j'ai sacré mon roi
sur Sion, ma sainte montagne. »

7 Je proclame le décret du Seigneur !

Il m'a dit : « Tu es mon fils ;
moi, aujourd'hui, je t'ai engendré.
8 Demande, et je te donne en héritage les nations,
pour domaine la terre tout entière.
9 Tu les détruiras de ton sceptre de fer,
tu les briseras comme un vase de potier. »

10 Maintenant, rois, comprenez,
reprenez-vous, juges de la terre.
11 Servez le Seigneur avec crainte,
rendez-lui votre hommage en tremblant.
12 Qu'il s'irrite et vous êtes perdus :
soudain sa colère éclatera.

Heureux qui trouve en lui son refuge !

Antienne

Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.

Psaume : 32 - I

1 Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !

2 Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.
3 Chantez-lui le cantique nouveau,
de tout votre art soutenez l'ovation.

4 Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
5 Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

6 Le Seigneur a fait les cieux par sa parole,
l'univers, par le souffle de sa bouche.
7 Il amasse, il retient l'eau des mers ;
les océans, il les garde en réserve.

8 Que la crainte du Seigneur saisisse la terre,
que tremblent devant lui les habitants du monde !
9 Il parla, et ce qu'il dit exista ;
il commanda, et ce qu'il dit survint.

10 Le Seigneur a déjoué les plans des nations,
anéanti les projets des peuples.
11 Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d'âge en âge.

Antienne

Heureux les affamés et les assoiffés de justice : ils seront rassasiés.

Psaume : 32 - II

12 Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !
13 Du haut des cieux, le Seigneur regarde :
il voit la race des hommes.

14 Du lieu qu'il habite, il observe
tous les habitants de la terre,
15 lui qui forme le cœur de chacun,
qui pénètre toutes leurs actions.

16 Le salut d'un roi n'est pas dans son armée,
ni la victoire d'un guerrier, dans sa force.
17 Illusion que des chevaux pour la victoire :
une armée ne donne pas le salut.

18 Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
19 pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
  
20 Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
21 La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.

22 Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

Verset

V/ Notre âme attend le Seigneur,
notre force et notre bouclier, c'est lui.

Lecture : Les justes sont dans la main de Dieu (Sg 3, 1-15)

01 Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ;  aucun tourment n’a de prise sur eux.
02 Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; + leur départ est compris comme un malheur,
03 et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.
04 Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait.
05 Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui.
06 Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille.
07 Au temps de sa visite, ils resplendiront : comme l’étincelle qui court sur la paille, ils avancent.
08 Ils jugeront les nations, ils auront pouvoir sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux pour les siècles.
09 Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus.
10 Mais les impies subiront une peine à la mesure de leurs pensées, car ils ont méprisé le juste et abandonné le Seigneur.
11 Misérables, ceux qui tiennent pour rien la sagesse et sa discipline de vie : vide est leur espérance, vaines leurs fatigues, inutiles leurs œuvres,
12 folles leurs femmes, méchants leurs enfants, et leur descendance, maudite !
13 Heureuse la femme stérile, si elle est sans souillure et n’a pas connu d’union coupable ; elle aura son fruit lorsque les âmes seront visitées.
14 Heureux aussi l’eunuque dont la main n’a pas fait de mal, et qui n’a pas nourri de ressentiment contre le Seigneur : une faveur spéciale lui sera accordée pour sa fidélité, et, dans le temple du Seigneur, il aura une part très douce à son cœur.
15 Les efforts vertueux produisent un fruit de renommée ; ce qui s’enracine dans la sagesse ne peut manquer son but.

Répons

R/ Qui perd sa vie la trouvera !

Il n'est pas de plus grand amour
que de mourir pour celui qu'on aime.

Entourés que nous sommes de témoins,
marchons, les yeux fixés sur le Christ.

ACTES DES MARTYRS DE CARTHAGE

Le jour se leva, où les martyrs allaient remporter la victoire, et ils sortirent de la prison pour s’avancer vers l'amphithéâtre comme s'ils allaient au ciel. Ils avaient des visages gais et radieux, et s'ils tremblaient, c'était de joie, non de peur. ~

Perpétue, la première, fut frappée par les cornes d'une vache furieuse et tomba à la renverse. Puis elle se releva et voyant que Félicité avait été précipitée sur le sol, elle s'approcha, la prit par la main et l'aida à se redresser. Toutes deux demeurèrent debout. La cruauté du peuple s'apaisa et on les fit sortir par la porte des Vivants.

Là, Perpétue fut accueillie par un certain Rustique, alors catéchumène qui était à son service et, comme si elle sortait du sommeil (tellement elle avait été ravie en extase), elle se mit à regarder autour d'elle et dit, à la surprise de tous : « Quand donc serons-nous exposés à cette vache dont on parle ? » Et quand elle apprit que cela avait déjà eu lieu, elle ne le crut pas avant d'avoir reconnu sur son corps et sur ses vêtements les marques des coups. Alors, après avoir appelé son frère et ce catéchumène, elle les exhorta ainsi : « Demeurez fermes dans la foi, aimez-vous tous les uns les autres, et ne soyez pas ébranlés par nos souffrances. »

De même, Saturus, à une autre porte, s'adressait ainsi au soldat Pudens : « Finalement, comme je l'avais pensé et annoncé par avance, je n'ai vraiment rien souffert d'aucune bête jusqu'ici. Et maintenant, crois de tout ton cœur : voici que je vais au-devant du léopard, et par une seule de ses morsures je parviens au but. » Et aussitôt, à la fin du spectacle, il fut livré à un léopard. À la première morsure, il fut tellement inondé de sang que le peuple, lorsqu'il revint, cria, comme si l'on était aux bains : « Baigne-toi et bonne santé ! Baigne-toi et bonne santé ! » Ce cri témoignait qu'il avait reçu le second baptême, celui du sang. Et, certes, après un tel bain, il avait trouvé le salut.

Alors il dit au soldat Pudens : « Adieu, garde mon souvenir et garde la foi. Que tout cela, au lieu de t'ébranler, te fortifie. » En même temps il lui demanda l'anneau qu'il portait au doigt et, après l'avoir plongé dans sa blessure, il le lui remit en héritage, lui laissant cette relique, ce mémorial de son sang. Puis, comme il est inanimé, on le jette avec les autres dans le local où l'on devait les égorger.

Mais, comme le peuple les réclamait au milieu de l'arène pour être témoin oculaire de leur mise à mort en voyant l'épée s'enfoncer dans leurs corps, ils se levèrent d'eux-mêmes et se portèrent à l'endroit voulu par le peuple. Mais d'abord ils s'embrassèrent pour achever la célébration de leur martyre par le rite du baiser de paix.

Tous reçurent le coup d'épée, immobiles et silencieux ; en particulier Saturus qui rendit l'esprit le premier, lui qui était monté le premier à l'échelle de la vision de Perpétue, pour attendre celle-ci. Perpétue, quant à elle, devait faire l'expérience de la douleur : frappée entre les côtes, elle poussa un grand cri ; puis, comme la main du gladiateur débutant hésitait, elle la poussa elle-même sur sa gorge. Sans doute une telle femme ne pouvait-elle être mise à mort autrement, elle qui faisait peur à l'esprit mauvais : il fallait qu'elle-même le veuille.

Martyrs héroïques et bienheureux ! Vraiment appelés et choisis pour entrer dans la gloire de notre Seigneur Jésus Christ !

Répons

R/ C’est du ciel que vient la force !

Ma grâce te suffit, dit le Seigneur,
car ma puissance se déploie dans la faiblesses,
afin que repose sur moi la puissance du Christ.

La folie de Dieu est plus sage que les hommes
et la faiblesse de Dieu, plus forte que les hommes.

 

Te Deum

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Dans leur amour pour toi, Seigneur, tes martyres Perpétue et Félicité ont trouvé la force de résister à leurs persécuteurs et de surmonter les tourments de la mort ; donne-nous, à leur prière, la grâce de t'aimer toujours davantage.