Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Toi qui veilles en la nuit

CFC — CNPL

Toi qui veilles en la nuit,
Joyeuse est ta lumière !
Tu es la lampe qui brûle et qui luit
Jusqu'à l'aube attendue
depuis des siècles.

Tu précèdes le jour,
Tu portes l'espérance;
Eclaire l'homme en sa quête d'amour
Et ramène son cœur
À l'innocence.

À la Pâque de Dieu
Prépare notre terre !
Tu nous annonces un baptême de feu :
Qu'il embrase la vie
De tous les êtres !

Ta lumière décroît,
Une autre se révèle ;
C'est Dieu qui monte et devance tes pas :
Dans l'aurore du Christ,
La joie parfaite !

Antienne

J'étais encore dans le sein de ma mère lorsque Dieu m'a appelé.

Psaume : 20

2 Seigneur, le roi se réjouit de ta force ;
quelle allégresse lui donne ta victoire !
3 Tu as répondu au désir de son cœur,
tu n'as pas rejeté le souhait de ses lèvres.

4 Tu lui destines bénédictions et bienfaits,
tu mets sur sa tête une couronne d'or.
5 La vie qu'il t'a demandée, tu la lui donnes,
de longs jours, des années sans fin.

6 Par ta victoire, grandit son éclat :
tu le revêts de splendeur et de gloire.
7 Tu mets en lui ta bénédiction pour toujours :
ta présence l'emplit de joie !

8 Oui, le roi s'appuie sur le Seigneur :
la grâce du Très-Haut le rend inébranlable.

14 Dresse-toi, Seigneur, dans ta force :
nous fêterons, nous chanterons ta vaillance.

Antienne

Dieu a fait de ma bouche une épée tranchante, il m'a protégé par l'ombre de sa main.

Psaume : 91 - I

2 Qu'il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
3 d'annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits,
4 sur la lyre à dix cordes et sur la harpe,
sur un murmure de cithare.

5 Tes œuvres me comblent de joie ;
devant l'ouvrage de tes mains, je m'écrie :
6 « Que tes œuvres sont grandes, Seigneur !
Combien sont profondes tes pensées ! »

7 L'homme borné ne le sait pas,
l'insensé ne peut le comprendre :
8 les impies croissent comme l'herbe, *
ils fleurissent, ceux qui font le mal,
   mais pour disparaître à tout jamais.

9 Toi, qui habites là-haut,
tu es pour toujours le Seigneur.
10 Vois tes ennemis, Seigneur,
   vois tes ennemis qui périssent, *
et la déroute de ceux qui font le mal.

Antienne

Jean a rendu témoignage à Jésus : Lui qui vient après moi, avant moi il était.

Psaume : 91 - II

11 Tu me donnes la fougue du taureau,
tu me baignes d'huile nouvelle ;
12 j'ai vu, j'ai repéré mes espions,
j'entends ceux qui viennent m'attaquer.

13 Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
14 planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

15 Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
16 pour annoncer : « Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

Verset

V/ Il est venu pour rendre témoignage à la lumière
afin que tous croient par lui.

Lecture : Vocation du prophète (Jr 1, 4-10.17-19)

04 La parole du Seigneur me fut adressée :
05 « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. »
06 Et je dis : « Ah ! Seigneur mon Dieu ! Vois donc : je ne sais pas parler, je suis un enfant ! »
07 Le Seigneur reprit : « Ne dis pas : “Je suis un enfant !” Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai ; tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras.
08 Ne les crains pas, car je suis avec toi pour te délivrer – oracle du Seigneur. »
09 Puis le Seigneur étendit la main et me toucha la bouche. Il me dit : « Voici, je mets dans ta bouche mes paroles !
10 Vois : aujourd’hui, je te donne autorité sur les nations et les royaumes, pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter. »
17 Toi, mets ta ceinture autour des reins et lève-toi, tu diras contre eux tout ce que je t’ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon c’est moi qui te ferai trembler devant eux.
18 Moi, je fais de toi aujourd’hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze, pour faire face à tout le pays, aux rois de Juda et à ses princes, à ses prêtres et à tout le peuple du pays.
19 Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer – oracle du Seigneur. »

Répons

Saisis de joie, vous demandez :         Stance
Quel sera cet enfant ?
— C'est lui le messager de la première espérance ;
accueillez-le de la part du Seigneur :
il vient tracer le chemin de l'Époux
et préluder au chant des Noces.

R/ Béni soit le Dieu fidèle,
il vient nous donner son amour.

Il se souvient de l'Alliance sainte,
jadis annoncée par les prophètes.

Il nous suscite une force de salut
dans la maison de David son serviteur.

 

HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN POUR LA NATIVITÉ DE JEAN BAPTISTE

L'Église considère la naissance de Jean comme particulièrement sacrée : on ne trouve aucun des saints qui nous ont précédés dont nous célébrions solennellement la naissance. Nous ne célébrons que celle de Jean et celle du Christ. Ce ne peut être sans motif ; et si peut-être nous n'y voyons pas très clair en raison de la noblesse d'un tel mystère, nous le méditerons cependant de façon fructueuse et profonde.

Jean naît d'une vieille femme stérile ; le Christ naît d'une jeune fille vierge. ~ La naissance de Jean rencontre l'incrédulité, et son père devient muet ; Marie croit à celle du Christ, et elle le conçoit par la foi. ~ Nous vous avons proposé d'en chercher la raison, nous vous avons annoncé que nous allions y réfléchir. Mais c'était un simple préambule, et si nous ne sommes pas capables de scruter les replis d'un si grand mystère, faute de capacité ou de temps, vous serez mieux instruits par celui qui parle en vous, même en notre absence, celui à qui vous pensez avec affection, celui que vous avez accueilli dans votre cœur, celui dont vous êtes devenus les temples. ~

Jean apparaît donc comme une frontière placée entre les deux testaments, l'ancien et le nouveau. Qu'il forme une sorte de frontière, le Seigneur lui-même l'atteste lorsqu'il dit : La Loi et les Prophètes vont jusqu'à Jean. Il est donc un personnage de l'antiquité et le héraut de la nouveauté. Parce qu'il représente l'antiquité, il naît de deux vieillards ; parce qu'il représente la nouveauté, il se révèle prophète dans les entrailles de sa mère. En effet, avant sa naissance, lorsque Marie s'approcha, il bondit dans le sein de sa mère. Là déjà il était désigné pour sa mission, désigné avant d'être né. Il apparaît déjà comme le précurseur du Christ, avant que celui-ci puisse le voir. Ces choses-là sont divines et elles dépassent la capacité de la faiblesse humaine. Enfin a lieu sa naissance, il reçoit son nom, son père retrouve la parole. Il faut rattacher ces événements à leur symbolisme profond. ~

Zacharie se tait et perd la parole jusqu'à la naissance de Jean, précurseur du Seigneur, qui lui rend la parole. Que signifie le silence de Zacharie sinon que la prophétie a disparu, et qu'avant l'annonce du Christ, elle est comme cachée et close ? Elle s'ouvre à son avènement, elle devient claire pour l'arrivée de celui qui était prophétisé. La parole rendue à Zacharie à la naissance de Jean correspond au voile déchiré à la mort de Jésus sur la croix. Si Jean s'était annoncé lui-même, la bouche de Zacharie ne se serait pas rouverte. La parole lui est rendue à cause de la naissance de celui qui est la voix ; car on demandait à Jean qui annonçait déjà le Seigneur : Toi, qui es-tu ? Et il répondit : Je suis la voix qui crie dans le désert. La voix, c'est Jean, tandis que le Seigneur est la Parole : Au commencement était le Verbe. Jean, c'est la voix pour un temps ; le Christ, c'est le Verbe au commencement, c'est le Verbe éternel.

Répons

R/ Prophète du Très-Haut,
tu marcheras devant le Seigneur
pour préparer ses voies.

Dieu enverra son messager devant lui,
et soudain il entrera dans son temple,
le Seigneur que vous cherchez.

Pour vous qui craignez le nom du Seigneur,
le Soleil de justice va briller
avec le salut dans ses rayons.

 

Te Deum

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Tu as voulu, Seigneur, que saint Jean Baptiste prépare ton peuple à la venue du Messie ; accorde à ton Église le don de la joie spirituelle, et guide l'esprit de tous les croyants dans la voie du salut et de la paix.