Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Seigneur, quand ton peuple assoiffé

J. Martin — CNPL

Seigneur, quand ton peuple assoiffé
Criait sa souffrance à Moïse,
Tu ouvris pour lui le rocher
     Et soudain jaillit
     L’eau qui donne la vie
Aux pèlerins de la terre promise.

Jésus, ta parole est pour nous
La source de vie éternelle :
Tu nous dis que Dieu est Amour
     Et tu nous promets
     La lumière et la paix
Si nous croyons en ce Dieu qui nous aime.

Plongés avec toi dans le bain
Quand nous descendons au baptême,
Nous cherchons en toi le soutien
     Et nous sommes sûrs
     De trouver le salut
Car tu es Fils de ce Dieu qui nous aime.

Sortis avec toi du tombeau
Quand nous remontons du baptême,
Nous vivons pour Dieu de nouveau
     Et le jour viendra
     Où ton peuple verra
Les cieux nouveaux et la terre nouvelle.

Antienne

Maintenant mon âme est troublée, mais je dis : Père glorifie ton nom.

Psaume : 6

2Seigneur, corrige-moi sans colère,
et reprends-moi sans fureur.
3Pitié, Seigneur, je dépéris !
Seigneur, guéris-moi !
Car je tremble de tous mes os,
4de toute mon âme, je tremble.

Et toi, Seigneur, que fais-tu ? +
5Reviens, Seigneur, délivre-moi,
sauve-moi en raison de ton amour !
6Personne, dans la mort, n'invoque ton nom ;
au séjour des morts, qui te rend grâce ?

7Je m'épuise à force de gémir ; +
chaque nuit, je pleure sur mon lit :
ma couche est trempée de mes larmes.
8Mes yeux sont rongés de chagrin ;
j'ai vieilli parmi tant d'adversaires !

9Loin de moi, vous tous, malfaisants,
car le Seigneur entend mes sanglots !
10Le Seigneur accueille ma demande,
le Seigneur entend ma prière.
11Qu'ils aient honte et qu'ils tremblent, tous mes ennemis,
qu'ils reculent, soudain, couverts de honte !

Antienne

Le Seigneur a connu la souffrance : il peut venir en aide au pauvre dans l'épreuve.

Psaume : 9 A - I

2De tout mon coeur, Seigneur, je rendrai grâce,
je dirai tes innombrables merveilles ;
3pour toi, j'exulterai, je danserai,
je fêterai ton nom, Dieu Très-Haut.

4Mes ennemis ont battu en retraite,
devant ta face, ils s'écroulent et périssent.
5Tu as plaidé mon droit et ma cause,
tu as siégé, tu as jugé avec justice.

6Tu menaces les nations, tu fais périr les méchants,
à tout jamais tu effaces leur nom.
7L'ennemi est achevé, ruiné pour toujours,
tu as rasé des villes, leur souvenir a péri.

8Mais il siège, le Seigneur, à jamais :
pour juger, il affermit son trône ;
9il juge le monde avec justice
et gouverne les peuples avec droiture.

10Qu'il soit la forteresse de l'opprimé,
sa forteresse aux heures d'angoisse :
11ils s'appuieront sur toi, ceux qui connaissent ton nom ;
jamais tu n'abandonnes, Seigneur, ceux qui te cherchent.

12Fêtez le Seigneur qui siège dans Sion,
annoncez parmi les peuples ses exploits !
13Attentif au sang versé, il se rappelle,
il n'oublie pas le cri des malheureux.

Psaume : 9 A - II

14Pitié pour moi, Seigneur,
vois le mal que m'ont fait mes adversaires, *
toi qui m'arraches aux portes de la mort ;
15et je dirai tes innombrables louanges
aux portes de Sion, *
je danserai de joie pour ta victoire.

16Ils sont tombés, les païens, dans la fosse qu'ils creusaient ;
aux filets qu'ils ont tendus, leurs pieds se sont pris.
17Le Seigneur s'est fait connaître : il a rendu le jugement,
il prend les méchants à leur piège.

18Que les méchants retournent chez les morts,
toutes les nations qui oublient le vrai Dieu !
19Mais le pauvre n'est pas oublié pour toujours :
jamais ne périt l'espoir des malheureux.

20Lève-toi, Seigneur : qu'un mortel ne soit pas le plus fort,
que les nations soient jugées devant ta face !
21Frappe-les d'épouvante, Seigneur :
que les nations se reconnaissent mortelles !

Verset

V/ Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle,
le Règne de Dieu est là.

Lecture : Dieu n'abandonne pas ses enfants (Ex 6, 2-13)

02 Dieu parla à Moïse. Il lui dit : « Je suis le Seigneur.
03 Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme le Dieu-Puissant ; mais mon nom “Le Seigneur”, je ne l’ai pas fait connaître.
04 Ensuite, j’ai établi mon alliance avec eux, m’engageant à leur donner la terre de Canaan, la terre étrangère où ils étaient venus en immigrés.
05 Puis enfin, j’ai entendu la plainte des fils d’Israël réduits en esclavage par les Égyptiens, et je me suis souvenu de mon alliance.
06 C’est pourquoi, parle ainsi aux fils d’Israël : “Je suis le Seigneur. Je vous ferai sortir loin des corvées qui vous accablent en Égypte. Je vous délivrerai de la servitude. Je vous rachèterai d’un bras vigoureux et par de grands châtiments.
07 Je vous prendrai pour peuple, et moi, je serai votre Dieu. Alors, vous saurez que je suis le Seigneur, votre Dieu, celui qui vous fait sortir loin des corvées qui vous accablent en Égypte.
08 Puis, je vous ferai entrer dans la terre que, la main levée, je me suis engagé à donner à Abraham, à Isaac et à Jacob. Je vous la donnerai pour que vous la possédiez. Je suis le Seigneur”. »
09 Moïse rapporta ces paroles aux fils d’Israël, mais ils n’écoutèrent pas Moïse, car ils étaient à bout de souffle, tant leur esclavage était dur.
10 Le Seigneur dit à Moïse :
11 « Va dire à Pharaon, le roi d’Égypte, qu’il laisse partir de son pays les fils d’Israël. »
12 Mais Moïse prit la parole en présence du Seigneur et dit : « Les fils d’Israël ne m’ont pas écouté. Comment Pharaon m’écouterait-il, moi qui n’ai pas la parole facile ? »
13 Le Seigneur parla à Moïse et Aaron, et leur communiqua ses ordres pour les fils d’Israël et pour Pharaon, roi d’Égypte, en vue de faire sortir les fils d’Israël du pays d’Égypte.

Répons

R/ Gloire au Seigneur, c'est lui notre Dieu !

Il nous a délivrés de la servitude,
avec autorité et puissance.

Jadis vous n'étiez pas un peuple,
vous êtes maintenant le peuple de Dieu.

Vous êtes la race élue, la nation sainte,
le peuple que Dieu s'est acquis.

 

HOMÉLIE DE SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE SUR L'AMOUR DES PAUVRES

« Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux »

Tu dois savoir d'où vient pour toi l'existence, le souffle, l'intelligence et, ce qu'il y a de plus précieux, la connaissance de Dieu ; l'espérance du Royaume des cieux, et celle de contempler la gloire que tu vois aujourd'hui de manière obscure, comme dans un miroir, mais que tu verras demain dans toute sa pureté et son éclat. D'où vient que tu sois fils de Dieu, héritier avec le Christ et, j'oserai dire, que tu sois toi-même un dieu ? D'où vient tout cela, et par qui ?

Et encore, pour parler de choses moins importantes, choses qui se voient : qui t'a donné de voir la beauté du ciel, la course du soleil, le cycle de la lune, les astres innombrables et, en tout cela, l'harmonie et l'ordre, qui les conduisent ainsi, à la manière d'une lyre bien accordée ?

Qui donc t'a donné la pluie, l'agriculture, les aliments, les arts, l'administration, les lois, la cité, une vie civilisée, des relations familières avec tes semblables ? D'où vient que, parmi les animaux, certains sont apprivoisés et domestiqués, tandis que d'autres fournissent ta nourriture ? Qui t'a établi seigneur et roi de tout ce qui vit sur la terre ? Qui donc, pour arrêter là cette énumération, t'a donné tout ce qui fait de toi un homme, supérieur à toutes les autres créatures ?

N'est-ce pas celui qui, avant toute chose et en retour de tous ses dons, te demande d'aimer les hommes ? Est-ce que nous ne serions pas méprisables si, après tout ce qu'il nous donne, de fait ou en espérance, nous ne lui apportions pas cette seule chose : aimer les hommes ? Alors que lui, notre Dieu et notre Seigneur, n'a pas honte d'être appelé notre Père, allons-nous renier nos frères ?

Non, mes frères et mes amis, ne soyons pas les gérants malhonnêtes des biens qui nous ont été confiés. Ne risquons pas d'entendre saint Pierre nous dire : « Ayez honte, vous qui retenez le bien d'autrui. Imitez l'équité de Dieu, et il n'y aura plus de pauvre. »

Ne nous donnons pas tant de peine pour amasser et conserver quand d'autres souffrent la peine de la pauvreté ; car autrement nous subirions les malédictions et menaces acerbes du prophète Amos qui commencent ainsi : Écoutez bien, vous qui dites : Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre, et le sabbat, pour que nous puissions ouvrir nos magasins ? ~

Pratiquons nous-mêmes cette loi sublime et primordiale de Dieu, qui fait pleuvoir pour les justes et les pécheurs et qui fait lever son soleil également pour tous. Il déploie pour tous les immenses étendues de la terre en friche, les sources, les fleuves et les forêts ; aux oiseaux il donne l'air, et l'eau à toutes les bêtes aquatiques. Il donne généreusement les ressources nécessaires à la vie de tous ; celles-ci ne sont pas confisquées par les puissants, limitées par une loi, rationnées. Elles sont communes, abondantes et par conséquent Dieu les offre sans que personne soit frustré. Car il veut honorer par cette égalité dans ses dons l'égale dignité de la nature, et montrer toute la générosité de sa bienfaisance.

Répons

R/ C'est le Seigneur : il fait ce qui lui semble bon.

En lui résident sagesse et puissance,
en lui le conseil et le discernement.

S'il détruit, nul ne peut rebâtir,
s'il ferme, qui donc ouvrira ?

Lui décide, qui le fera changer ?
Il tient en son pouvoir l'âme de tout vivant.

 

Oraison

Fais-nous revenir à toi, Dieu notre Sauveur, et pour que ce Carême nous soit profitable, ouvre nos esprits à l’intelligence de ta loi.