01Un jour de fête du Seigneur, où l'on faisait un bon repas dans la maison de Tobie,
02celui-ci dit à son fils : « Va chercher quelques hommes fidèles à Dieu, appartenant à notre tribu, pour qu'ils festoient avec nous. »
03Le fils s'en alla, mais revint lui annoncer qu'un Israélite, étranglé, gisait dans la rue. Tobie quitta aussitôt sa place à table ; sans même avoir commencé son repas, il se rendit auprès du corps.
04Il le prit et le porta en cachette dans sa maison, afin de l'ensevelir discrètement après le coucher du soleil.
05Lorsqu'il eut caché le corps, il mangea son pain dans le deuil et la crainte,
06en se rappelant cette parole du Seigneur transmise par le prophète Amos : Vos fêtes seront changées en deuil et en lamentation.
07Au coucher du soleil, il sortit pour enterrer le mort.
08Tous ses proches le critiquaient : « Tu as déjà été condamné à la peine capitale pour ce motif, tu as tout juste sauvé ta vie, et tu recommences à enterrer les morts ? »
09Mais Tobie, qui craignait Dieu plus que le roi, enlevait les corps de ses frères assassinés, les cachait dans sa maison et les enterrait au cours de la nuit.
10Un jour, Tobie, fatigué après avoir enterré les morts, rentra chez lui, s'étendit contre le mur et s'endormit.
11Pendant son sommeil, des hirondelles firent tomber de leur nid de la fiente chaude sur ses yeux, et il devint aveugle.
12Dieu permit cette épreuve pour que Tobie donne à la postérité un exemple de patience, comme le saint homme Job.
13Comme Tobie, depuis son enfance, avait toujours eu la crainte de Dieu et observé ses commandements, il n'en voulut pas à Dieu pour le malheur qui le frappait,
14mais il resta inébranlable dans la crainte de Dieu, lui rendant grâce tous les jours de sa vie.
15De même que des rois injuriaient le bienheureux Job, les parents et les proches de Tobie se moquaient de sa conduite en disant :
16« Où est-elle donc, cette espérance, pour laquelle tu faisais l'aumône et enterrais les morts ? »
17Mais lui les reprenait : « Ne parlez pas ainsi,
18car nous sommes les descendants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu donnera à ceux qui ne perdent jamais leur confiance en lui. »
19Anne, sa femme, s'en allait tous les jours pour faire du tissage, et elle rapportait ce qu'elle avait pu gagner par le travail de ses mains.
20C'est ainsi qu'un jour elle reçut un chevreau qu'elle rapporta à la maison.
21Tobie entendit l'animal qui bêlait, et dit : « Prenez garde que ce ne soit le produit d'un vol ; rendez-le à ses maîtres ; car nous n'avons pas le droit de manger ce qui a été volé, ni même d'y toucher. »
22Furieuse, sa femme répondit : « On voit bien que ton espérance n'a servi à rien, et tes aumônes ont montré ce qu'elles valaient ! »
23Elle lui faisait ces reproches, et d'autres du même genre.