Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Ô viens, Jésus, ô viens, Emmanuel

CFC — CNPL

Ô viens, Jésus, ô viens, Emmanuel,
Nous dévoiler le monde fraternel
Où ton amour, plus fort que la mort,
Nous régénère au sein d’un même corps.

R/ Chantez, chantez, il vient à notre appel
combler nos cœurs, Emmanuel.

Ô viens, Berger que Dieu nous a promis,
Entends au loin ton peuple qui gémit ;
Dans la violence il vit son exil,
De ses souffrances quand renaîtra-t-il ?

Ô viens, Jésus, et dans la chair blessée,
Fleuris pour nous, racine de Jessé ;
Près de l’eau vive, l’arbre planté
Soulève jusqu’à Dieu le monde entier.

Ô viens, Jésus, tracer notre chemin,
Visite-nous, Étoile du matin,
Du fond de nos regards fais monter
L’éclat soudain du jour d’éternité.

Antienne

Toute création aspire à la révélation des fils de Dieu.

Psaume : 103 - I

1Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
2tu as pour manteau la lumière !

Comme une tenture, tu déploies les cieux,
3tu élèves dans leurs eaux tes demeures ;
des nuées, tu te fais un char,
tu t'avances sur les ailes du vent ;
4tu prends les vents pour messagers,
pour serviteurs, les flammes des éclairs.

5Tu as donné son assise à la terre :
qu'elle reste inébranlable au cours des temps.
6Tu l'as vêtue de l'abîme des mers :
les eaux couvraient même les montagnes ;
7à ta menace, elles prennent la fuite,
effrayées par le tonnerre de ta voix.

8Elles passent les montagnes, se ruent dans les vallées
vers le lieu que tu leur as préparé.
9Tu leur imposes la limite à ne pas franchir :
qu'elles ne reviennent jamais couvrir la terre.

10Dans les ravins tu fais jaillir des sources
et l'eau chemine aux creux des montagnes ;
11elle abreuve les bêtes des champs :
l'âne sauvage y calme sa soif ;
12les oiseaux séjournent près d'elle :
dans le feuillage on entend leurs cris.

Antienne

Le jour viendra où, sur la terre, justice fleurira.

Psaume : 103 - II

13De tes demeures tu abreuves les montagnes,
et la terre se rassasie du fruit de tes oeuvres ;
14tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,
et les champs pour l'homme qui travaille.

De la terre il tire son pain :
15le vin qui réjouit le coeur de l'homme,
l'huile qui adoucit son visage,
et le pain qui fortifie le coeur de l'homme.

16Les arbres du Seigneur se rassasient,
les cèdres qu'il a plantés au Liban ;
17c'est là que vient nicher le passereau,
et la cigogne a sa maison dans les cyprès ;
18aux chamois, les hautes montagnes,
aux marmottes, l'abri des rochers.

19Tu fis la lune qui marque les temps
et le soleil qui connaît l'heure de son coucher.
20Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient :
les animaux dans la forêt s'éveillent ;
21le lionceau rugit vers sa proie,
il réclame à Dieu sa nourriture.

22Quand paraît le soleil, ils se retirent :
chacun gagne son repaire.
23L'homme sort pour son ouvrage,
pour son travail, jusqu'au soir.

Antienne

Dieu regarda son œuvre, il vit que tout cela était bon.

Psaume : 103 - III

24Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! +
Tout cela, ta sagesse l'a fait ; *
la terre s'emplit de tes biens.

25Voici l'immensité de la mer,
son grouillement innombrable d'animaux grands et petits,
26ses bateaux qui voyagent,
et Léviathan que tu fis pour qu'il serve à tes jeux.

27Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
28Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

29Tu caches ton visage : ils s'épouvantent ;
tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
30Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

31Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
32Il regarde la terre : elle tremble ;
il touche les montagnes : elles brûlent.

33Je veux chanter au Seigneur tant que je vis ;
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
34Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.
35Que les pécheurs disparaissent de la terre !
Que les impies n'existent plus !

Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Verset

V/ Levez la tête et regardez :
notre Sauveur est proche.

Lecture : Valse des chefs du gouvernement royal (Is 22, 8b-23)

08b En regardant, ce jour-là, vers l’arsenal du palais royal,
09 vous avez vu comme elles sont nombreuses, les brèches de la Cité de David. Vous avez recueilli les eaux dans le réservoir inférieur.
10 Vous avez recensé les maisons de Jérusalem, démoli des maisons pour renforcer le rempart.
11 Vous avez creusé un bassin entre les deux remparts pour les eaux de l’ancien réservoir. Mais vous n’avez pas regardé vers Celui qui est à l’œuvre ; Celui qui façonne tout depuis longtemps, vous ne l’avez pas vu.
12 Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l’univers, appelait à pleurer, à se lamenter, à se raser la tête, à se vêtir de toile à sac.
13 Et voilà qu’on se réjouit, on fait la fête ; on tue le bœuf, on égorge le mouton ; on mange de la viande, on boit du vin : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! »
14 Mais le Seigneur de l’univers m’a fait entendre cette révélation : « J’en fais serment : cette faute ne vous sera jamais remise, jusque dans la mort ». Il l’a dit, le Seigneur, Dieu de l’univers.
15 Ainsi parle le Seigneur, Dieu de l’univers : « Va trouver ce ministre, Shebna, le maître du palais, et dis-lui :
16 Ici, quel est ton bien ? Qui sont les tiens, ici, pour t’y faire creuser un tombeau, toi qui te creuses un tombeau sur une hauteur, et te fais tailler une demeure dans le roc ?
17 Voici que le Seigneur va te rejeter, il va te rejeter, grand homme, t’empaqueter comme un paquet,
18 t’enrouler, t’envoyer rouler comme une boule vers un pays aux vastes étendues. C’est là-bas que tu vas mourir, là-bas, dans tes chars prestigieux, toi, le déshonneur de la maison de ton maître.
19 Je vais te chasser de ton poste, t’expulser de ta place.
20 Et, ce jour-là, j’appellerai mon serviteur, Éliakim, fils d’Helcias.
21 Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe, je lui remettrai tes pouvoirs : il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda.
22 Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira.
23 Je le planterai comme une cheville dans un endroit solide ; il sera un trône de gloire pour la maison de son père.

Répons

R/ Seigneur, ouvre-nous la porte des vainqueurs :
nous entrerons pour te rendre grâce !

Voici le Véritable, dit le Seigneur,
celui qui tient la clef de David :
j'ai ouvert devant toi une porte
que nul ne peut fermer.

Tu as peu de force,
pourtant tu as gardé ma parole,
tu n'as pas renié mon nom !

 

COMMENTAIRE D'EUSÈBE DE CÉSARÉE SUR ISAÏE

L'avènement au désert. La Bonne Nouvelle sur la montagne.

Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits les sentiers de notre Dieu. Cette parole montre clairement que les événements prophétisés ne se produiront pas à Jérusalem, mais au désert ; c'est là que la gloire du Seigneur apparaîtra et que toute chair aura connaissance du salut de Dieu. Et c'est ce qui s'est accompli réellement et littéralement lorsque Jean Baptiste proclama dans le désert du Jourdain que le salut de Dieu se manifesterait, car c'est là que le salut de Dieu est apparu. En effet, le Christ avec sa gloire s'est fait connaître à tous : lorsqu'il eut été baptisé, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe et y demeura ; et la voix du Père lui rendit témoignage : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.

Le prophète parlait ainsi parce que Dieu devait résider dans le désert, qui est inaccessible au monde. Toutes les nations païennes étaient désertées par la connaissance de Dieu, et toutes étaient inaccessibles aux justes et aux prophètes de Dieu.

C'est pour cela que cette voix ordonne de préparer le chemin au Verbe de Dieu et de rendre unie la route inaccessible et raboteuse afin que notre Dieu, en venant résider chez nous, puisse y avancer. ~

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Ces paroles s'accordent tout à fait avec le sens de celles qui ont précédé, et elles ont raison de mentionner les évangélistes, les porteurs de la Bonne Nouvelle, car elles annoncent aux hommes la Bonne Nouvelle de l'avènement de Dieu, après avoir parlé de la voix qui crie dans le désert. En effet la parole concernant les évangélistes du Sauveur vient à la suite de la prophétie concernant Jean Baptiste.

Qui donc est cette Sion, sinon très certainement celle que les anciens appelaient Jérusalem ? En effet, c'était bien une montagne, comme le montre cette affirmation de l'Écriture : La montagne de Sion où tu fis ta demeure ; et l'Apôtre : Vous êtes venus vers la montagne de Sion. N'est-ce pas une façon de parler qui désigne le groupe des Apôtres, choisis dans le peuple ancien, dans le peuple de la circoncision ?

Telle est en effet Sion ou Jérusalem, qui a reçu en héritage le salut de Dieu et qui, elle-même, est située sur la hauteur, sur la montagne même de Dieu, c'est-à-dire sur le Verbe, son Fils unique : il lui ordonne de monter sur la haute montagne pour annoncer la bonne nouvelle du salut. Or, quel est celui qui annonce la bonne nouvelle, sinon le groupe des évangélistes ? Et qu'est-ce qu'évangéliser ? C'est proclamer à tous les hommes et, avant tous, aux cités de Juda, l'avènement du Christ sur la terre.

Répons

Saisis de joie, vous demandez :                         Stance
Quel sera cet enfant ?
C'est lui le messager de la première espérance.
Accueillez-le de la part du Seigneur :
Il vient tracer le chemin de l’Époux
et préluder au chant des Noces.

R/ Béni soit le Dieu fidèle,
il vient nous donner son amour.

Il se souvient de l'Alliance sainte,
jadis annoncée par les prophètes.

Il nous suscite une force de salut
dans la maison de David son serviteur.

 

Te Deum

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l'accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. Lui qui règne.