Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Comment es-tu foyer de feu

Syméon le Nv. Théo (adapt. J.F Frié) — Levain

Comment es-tu foyer de feu
et fraîcheur de la fontaine,
une brûlure, une douceur
qui rend saines nos souillures ?

Comment fais-tu de l'homme un dieu,
de la nuit une lumière,
et des abîmes de la mort
tires-tu la vie nouvelle?

Comment la nuit vient-elle au jour ?
Peux-tu vaincre les ténèbres,
porter ta flamme jusqu'au coeur
et changer le fond de l'être ?

Comment n'es-tu qu'un avec nous,
nous rends-tu fils de Dieu même ?
Comment nous brûles-tu d'amour
et nous blesses-tu sans glaive ?

Comment peux-tu nous supporter,
rester lent à la colère,
et de l'ailleurs où tu te tiens
voir ici nos moindres gestes ?

Comment de si haut et de si loin
ton regard suit-il nos actes ?
Ton serviteur attend la paix,
le courage dans les larmes !

Psaume : 135 - I

1Rendez grâce au Seigneur : il est bon,
éternel est son amour !
2Rendez grâce au Dieu des dieux,
éternel est son amour !
3Rendez grâce au Seigneur des seigneurs,
éternel est son amour !

4Lui seul a fait de grandes merveilles,
éternel est son amour !
5lui qui fit les cieux avec sagesse,
éternel est son amour !
6qui affermit la terre sur les eaux,
éternel est son amour !

7Lui qui a fait les grands luminaires,
éternel est son amour !
8le soleil qui règne sur le jour,
éternel est son amour !
9la lune et les étoiles, sur la nuit,
éternel est son amour !

Psaume : 135 - II

10Lui qui frappa les Égyptiens dans leurs aînés,
éternel est son amour !
11et fit sortir Israël de leur pays,
éternel est son amour !
12d’une main forte et d’un bras vigoureux,
éternel est son amour !

13Lui qui fendit la mer Rouge en deux parts,
éternel est son amour !
14et fit passer Israël en son milieu,
éternel est son amour !
15y rejetant Pharaon et ses armées,
éternel est son amour !

Psaume : 135 - III

16Lui qui mena son peuple au désert,
éternel est son amour !
17qui frappa des princes fameux,
éternel est son amour !
18et fit périr des rois redoutables,
éternel est son amour !

19Séhon, le roi des Amorites,
éternel est son amour !
20et Og, le roi de Basan,
éternel est son amour !

21pour donner leur pays en héritage,
éternel est son amour !
22en héritage à Israël, son serviteur,
éternel est son amour !

23Il se souvient de nous, les humiliés,
éternel est son amour !
24il nous tira de la main des oppresseurs,
éternel est son amour !

25A toute chair, il donne le pain,
éternel est son amour !
26Rendez grâce au Dieu du ciel,
éternel est son amour !

Verset

V/ Fais-moi connaître, Seigneur, tes voies.
Enseigne-moi tes sentiers.

Lecture : Le prix de l'entraide fraternelle (Ph 4, 10-23)

10 J’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur à voir maintenant refleurir vos bonnes dispositions pour moi : elles étaient bien vivantes, mais vous n’aviez pas occasion de les montrer.
11 Ce ne sont pas les privations qui me font parler ainsi, car j’ai appris à me contenter de ce que j’ai.
12 Je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance. J’ai été formé à tout et pour tout : à être rassasié et à souffrir la faim, à être dans l’abondance et dans les privations.
13 Je peux tout en celui qui me donne la force.
14 Cependant, vous avez bien fait de vous montrer solidaires quand j’étais dans la gêne.
15 Vous, les Philippiens, vous le savez : dans les premiers temps de l’annonce de l’Évangile, au moment où je quittais la Macédoine, je n’ai eu ma part dans les recettes et dépenses d’aucune Église, excepté la vôtre.
16 À Thessalonique déjà, vous m’avez envoyé, et même deux fois, ce dont j’avais besoin.
17 Je ne recherche pas les dons ; ce que je recherche, c’est le bénéfice qui s’ajoutera à votre compte.
18 J’ai d’ailleurs tout reçu, je suis dans l’abondance ; je suis comblé depuis qu’Épaphrodite m’a remis votre envoi : c’est comme une offrande d’agréable odeur, un sacrifice digne d’être accepté et de plaire à Dieu.
19 Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse, magnifiquement, dans le Christ Jésus.
20 Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.
21 Saluez chacun des fidèles dans le Christ Jésus. Les frères qui sont avec moi vous saluent.
22 Tous les fidèles vous saluent, spécialement ceux qui font partie du personnel de l’empereur.
23 La grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

Répons

R/ Je peux tout en celui qui me fortifie.

Dans les faiblesses, les insultes,
les contraintes, les persécutions et les angoisses,

Lorsque je suis faible,
c'est alors que je suis fort.

 

HOMÉLIE DE S. BERNARD « SUR L'AQUEDUC »

L'ange dit à Marie : L'enfant qui va naître de toi sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Lui, la source de la Sagesse, le Verbe du Père dans les lieux très hauts ! Ce Verbe, c'est par ton intermédiaire, Vierge sainte, qu'il se fera chair ; de la sorte, celui qui dit : Je suis dans le Père et le Père est en moi, peut dire cependant : C'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Au commencement était le Verbe. Déjà la source jaillissait, mais ce n'était encore qu'à l'intérieur d'elle-même. Et le Verbe était avec Dieu, habitant une lumière vraiment inaccessible. Et le Seigneur disait dès le début : Je forme des projets de paix, non de malheur. Mais il est caché tout au fond de toi, ton projet, et son contenu, nous ne le connaissons pas. Qui en effet a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ?

C'est pourquoi le projet de paix est descendu dans une œuvre de paix : Le Verbe s'est fait chair, et il habite dès lors en nous. Il habite à coup sûr dans nos cœurs par la foi, il habite dans notre mémoire, il habite dans notre pensée, et il descend jusque dans notre imagination elle-même. Auparavant, en effet, quelle idée l'homme pouvait-il se faire de Dieu, sinon peut-être celle d'une idole qu'avait fabriquée son cœur ? C'est que Dieu était incompréhensible et inaccessible, invisible et parfaitement irreprésentable. Mais maintenant il a voulu qu'on puisse le comprendre, il a voulu qu'on puisse le voir, il a voulu qu'on puisse le saisir par la pensée.

De quelle manière ? demandes-tu. Sans nul doute en étant couché dans une crèche, en reposant sur le sein de la Vierge, en prêchant sur la montagne, en passant la nuit à prier ; non moins qu'en étant cloué à la croix, en devenant livide dans la mort, libre parmi les morts et régnant sur l'enfer ; enfin en ressuscitant le troisième jour, en montrant aux Apôtres la marque des clous, signes de sa victoire, et pour finir en regagnant devant eux les secrets du ciel.

De tous ces événements, en est-il un qui ne susciterait pas en nous une pensée vraie, fervente, sainte ? Que je pense à l'un d'entre eux, n'importe lequel, c'est à Dieu que je pense, et à travers tout cela, il est, lui, mon Dieu. Méditer ces événements, c'est la sagesse même, je l'ai dit, et j'estime que l'intelligence avisée consiste à faire remonter en soi le souvenir que l'on garde de leur douceur, une douceur comme celle des amandes que produisit avec abondance le bâton du prêtre Aaron, la douceur que Marie puisa largement dans les hauteurs, pour la reverser sur nous.

Répons

R/ Réjouis-toi, Marie,
tu donneras le Sauveur au monde !

Il sera grand,
on l'appellera Fils du Très-Haut !

Il vient chercher
ce qui était perdu.

Il rassemblera
les enfants de Dieu dispersés.

Oraison

Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs : par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous par sa passion et par sa croix, avec le secours de la Vierge Marie, jusqu’à la gloire de la résurrection.