Office des lectures

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Un chant rassemble dans la nuit

CFC — CNPL

Un chant rassemble dans la nuit
Les voix dispersées :
L’Église a devancé l’aurore
Et fait monter vers le Seigneur
L’espoir du monde.
L’hymne de joie et de douleurs
Qui naît aujourd’hui
Rejoint la mystérieuse offrande
Où Jésus Christ veut, de sa croix,
Signer l’alliance.
C’est dans le Fils que nous pouvons,
Marqués par l’Esprit,
Donner notre parole au Père,
Et c’est en lui que Dieu répond
Au cri des hommes.
Nous attendons face à l’Orient
Les signes du Jour :
Jésus doit revenir en gloire,
Et l’amour seul peut dans nos vies
Gagner sa Pâque.

Antienne

Que Dieu se lève, et ses ennemis se dispersent.

Psaume : 67 - I

2Dieu se lève et ses ennemis se dispersent,
ses adversaires fuient devant sa face.
3Comme on dissipe une fumée, tu les dissipes ; +
comme on voit fondre la cire en face du feu,
les impies disparaissent devant la face de Dieu.

4Mais les justes sont en fête, ils exultent ;
devant la face de Dieu ils dansent de joie.
5Chantez pour Dieu, jouez pour son nom, +
frayez la route à celui qui chevauche les nuées.
Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face.

6Père des orphelins, défenseur des veuves,
tel est Dieu dans sa sainte demeure.
7A l’isolé, Dieu accorde une maison ; +
aux captifs, il rend la liberté ;
mais les rebelles vont habiter les lieux arides.

8Dieu, quand tu sortis en avant de ton peuple,
quand tu marchas dans le désert, la terre trembla ;
9les cieux mêmes fondirent +
devant la face de Dieu, le Dieu du Sinaï,
devant la face de Dieu, le Dieu d’Israël.

10Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
11Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.

Antienne

Notre Dieu est un Dieu de délivrance : au Seigneur, les issues de la mort.

Psaume : 67 - II

12Le Seigneur prononce un oracle,
une armée de messagères le répand :
13« Rois en déroute, armées en déroute !
On reçoit en partage les trésors du pays.

14« Resterez-vous au repos derrière vos murs +
quand les ailes de la Colombe se couvrent d’argent,
et son plumage, de flammes d’or,
15quand le Puissant, là-bas, pulvérise des rois
et qu’il neige au Mont-Sombre ? »

16Mont de Basan, divine montagne,
mont de Basan, fière montagne !
17Pourquoi jalouser, fière montagne, +
la montagne que Dieu s’est choisie pour demeure ?
Là, le Seigneur habitera jusqu’à la fin.
18Les chars de Dieu sont des milliers de myriades ;
au milieu, le Seigneur ; au sanctuaire, le Sinaï.
19Tu es monté sur la hauteur, capturant des captifs, +
recevant un tribut, même de rebelles,
pour avoir une demeure, Seigneur notre Dieu.

20Que le Seigneur soit béni !
Jour après jour, ce Dieu nous accorde la victoire.

21Le Dieu qui est le nôtre est le Dieu des victoires,
et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.
22A qui le hait, Dieu fracasse la tête ;
qui vit dans le crime, il défonce le crâne.

23Le Seigneur a dit : « Je les ramène de Basan,
je les ramène des abîmes de la mer,
24afin que tu enfonces ton pied dans leur sang,
que la langue de tes chiens ait sa pâture d’ennemis. »

Antienne

Royaumes de la terre, chantez au Seigneur !

Psaume : 67 - III

25Dieu, on a vu ton cortège,
le cortège de mon Dieu, de mon roi dans le Temple :
26en tête les chantres, les musiciens derrière,
parmi les jeunes filles frappant le tambourin.

27Rassemblez-vous, bénissez Dieu ;
aux sources d’Israël, il y a le Seigneur !
28Voici Benjamin, le plus jeune, ouvrant la marche, +
les princes de Juda et leur suite,
les princes de Zabulon, les princes de Nephtali.

29Ton Dieu l’a commandé : « Sois fort ! »
Montre ta force, Dieu, quand tu agis pour nous !
30De ton palais, qui domine Jérusalem,
on voit des rois t’apporter leurs présents.

31Menace la Bête des marais,
la bande de fauves, la meute des peuples :
qu’ils se prosternent avec leurs pièces d’argent ;
désunis les peuples qui aiment la guerre.

32De l’Égypte arriveront des étoffes somptueuses ;
l’Éthiopie viendra vers Dieu les mains pleines.
33Royaumes de la terre, chantez pour Dieu,
jouez pour le Seigneur,*
34celui qui chevauche au plus haut des cieux,
les cieux antiques.

Voici qu’il élève la voix, une voix puissante ;
35rendez la puissance à Dieu.
Sur Israël, sa splendeur !
Dans la nuée, sa puissance !

36Redoutable est Dieu dans son temple saint,
le Dieu d’Israël ; *
c’est lui qui donne à son peuple force et puissance.
Béni soit Dieu !

Verset

V/ J'écoute : Que dira le Seigneur ?
Ce qu'il dit, c'est la paix pour ses fidèles.

Lecture : Dieu dans le bruit d'une brise légère (1R 19, 1-9a.11-21)

01 Le roi Acab avait rapporté à Jézabel comment le prophète Élie avait réagi et comment il avait fait égorger tous les prophètes de Baal.
02 Alors Jézabel envoya un messager dire à Élie : « Que les dieux amènent le malheur sur moi, et pire encore, si demain, à cette heure même, je ne t’inflige pas le même sort que tu as infligé à ces prophètes. »
03 Devant cette menace, Élie se hâta de partir pour sauver sa vie. Arrivé à Bershéba, au royaume de Juda, il y laissa son serviteur.
04 Quant à lui, il marcha toute une journée dans le désert. Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, et demanda la mort en disant : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. »
05 Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange ! »
06 Il regarda, et il y avait près de sa tête une galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau. Il mangea, il but, et se rendormit.
07 Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange, car il est long, le chemin qui te reste. »
08 Élie se leva, mangea et but. Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.
09 Là, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Et voici que la parole du Seigneur lui fut adressée. Il lui dit : « Que fais-tu là, Élie ? »
11 Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ;
12 et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère.
13 Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? »
14 Il répondit : « J’éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l’univers. Les fils d’Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, et tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis le seul à être resté et ils cherchent à prendre ma vie. »
15 Le Seigneur lui dit : « Repars vers Damas, par le chemin du désert. Arrivé là, tu consacreras par l’onction Hazaël comme roi de Syrie ;
16 puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d’Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafath, d’Abel-Mehola, comme prophète pour te succéder.
17 Celui qui échappera à l’épée d’Hazaël, Jéhu le tuera, et celui qui échappera à l’épée de Jéhu, Élisée le tuera.
18 Mais je garderai en Israël un reste de sept mille hommes : tous les genoux qui n’auront pas fléchi devant Baal et toutes les bouches qui ne lui auront pas donné de baiser ! »
19 Élie s’en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafath, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.
20 Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : « Va-t’en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait. »
21 Alors Élisée s’en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d’Élie et se mit à son service.

Répons

R/ Comment te contempler au sanctuaire,
voir ta force et ta gloire ?

Au murmure de la brise légère,
Elie se voilà le visage,
et se tint à l'entrée de la grotte.

Nul n'a jamais vu Dieu.
Le Fils unique qui est dans le sein du Père,
nous l'a fait connaître.

 

TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

Préfigurations bibliques du baptême

Saint Paul nous enseigne que nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, qu'ils ont tous passé la mer Rouge et que tous, en Moïse, ont été baptisés dans la nuée et dans la mer. Puis Moïse lui-même dit, dans son cantique : Tu as envoyé ton souffle (ton Esprit) et la mer les a recouverts. Remarque-le : dans ce passage des Hébreux, déjà, se trouve une préfiguration du baptême ; l'Égyptien y a trouvé la mort, et l'Hébreu, la libération. Ce que nous apprenons chaque jour par ce mystère, c'est évidemment que le péché est englouti et l'erreur détruite, alors que la piété et l'innocence font la traversée complète.

Tu entends annoncer que nos ancêtres ont été sous la nuée. Une nuée bienfaisante, qui refroidit le feu des passions charnelles ; une nuée bienfaisante, qui couvre de son ombre ceux que l'Esprit Saint visite. Ainsi est-il venu sur la Vierge Marie et la puissance du Très-Haut l'a-t-elle prise sous son ombre, lorsqu'elle engendra la rédemption pour le genre humain : c'est le miracle qui fut accompli par Moïse de façon figurative. Si l'Esprit était alors préfiguré, n'est-il pas réellement présent puisque l'Écriture te dit : La Loi a été communiquée par Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

La source de Mara était amère ; Moïse y jeta du bois et elle devint douce. En effet, sans l'invocation de la croix du Seigneur, l'eau n'est d'aucune utilité pour le salut futur ; mais lorsqu'elle a été consacrée par le mystère de la croix qui donne le salut, elle est toute prête pour fournir le bain spirituel et la boisson du salut. Donc, de même que Moïse, de façon prophétique, mit le bois dans cette source d'autrefois, ainsi l'évêque prononce sur la source que nous voyons l'invocation de la croix du Seigneur, et l'eau devient douce pour donner la grâce.

N'en crois donc pas seulement les yeux de ton corps : on voit mieux ce qui ne se voit pas, parce que cela est provisoire, et ceci éternel. On distingue mieux ce qui n'est pas visible par les yeux, mais découvert par l'esprit et l'âme.

Puis, laisse-toi instruire par la lecture du livre des Rois. Naaman était Syrien, il avait la lèpre et ne pouvait en être purifié par personne. Alors une jeune prisonnière dit qu'il y avait en Israël un prophète qui pourrait le purifier de son mal. Il prit, dit le texte, de l'or et de l'argent et se rendit auprès du roi d'Israël. Celui-ci, apprenant le motif de cette visite, déchira ses vêtements en disant que c'était de la provocation que de lui demander ce qui n'est pas au pouvoir d'un roi. Mais Élisée fit dire au roi de lui envoyer le Syrien, pour que celui-ci reconnût qu'il y avait un Dieu en Israël. Et quand Naaman fut arrivé, Élisée lui ordonna de se baigner sept fois dans le Jourdain. Alors Naaman se mit à réfléchir : les fleuves de sa patrie avaient une eau meilleure, dans laquelle il s'était souvent baigné sans être jamais purifié de sa lèpre. C'est ce qui le retint d'obéir aux ordres du prophète. Mais il céda aux avis et aux exhortations de ses serviteurs, il se baigna et, purifié aussitôt, comprit que la purification de chacun ne vient pas de l'eau, mais de la grâce. ~

Il a douté avant d'être guéri ; toi, qui es déjà guéri, tu ne dois pas douter.

Répons

Hommes nouveaux,          stance
baptisés dans le Christ,
vous avez revêtu le Christ,
Héritiers avec lui d'un Royaume de lumière,
vous possédez la liberté des fils de Dieu
pour annoncer au monde :

R/ Nous sommes au Christ
et le Christ est à Dieu !

Venez, voyez les gestes de Dieu,
redoutable en hauts faits pour les hommes.

Il changea la mer en terre ferme,
on passa le fleuve à pied sec.

 

Oraison

Assiste tes enfants, Seigneur, et montre à ceux qui t'implorent ton inépuisable bonté. C'est leur fierté de t'avoir pour Créateur et Providence : restaure pour eux ta création, et l'ayant renouvelée, protège-la.